L'euro restait en hausse vendredi en fin d'échanges européens face au dollar, le billet vert souffrant de la publication de chiffres du chômage américain montrant une augmentation de celui-ci à 8,1% en février, un plus haut depuis 25 ans.
A 17H00 GMT (18H00 à Paris), la monnaie européenne valait 1,2677 dollar contre 1,2538 dollar jeudi soir. Il est monté jusqu'à 1,2738 dollars peu après cette annonce.
Le billet vert perdait aussi du terrain face à la devise nippone à 97,16 yens contre 98,03 la veille au soir.
L'euro, lui, progressait nettement face au yen à 123,54 yens contre 122,93.
La monnaie unique avait commencé à grimper dans la matinée avant la publication du rapport américain à 13H30 GMT, et les mauvais chiffres annoncés dans le rapport n'ont fait que la pousser plus haut encore.
Les économistes s'attendaient à ce que l'économie américaine ait supprimé 650.000 emplois en février après 598.000 en janvier, portant le taux de chômage à 7,9% après 7,6% le mois précédent.
Le chiffre mensuel est ressorti en ligne avec ces attentes, à 651.000, en revanche le taux de chômage à bondi à 8,1% en raison d'une forte révision des destructions d'emplois de janvier (655.000) et décembre (681.000 au lieu de 577.000), "une nouvelle publication terrible", notait Paul Ashworth de Capital Economics.
"Nous espérons voir l'activité reprendre un peu aux Etats-Unis dans les mois à venir, ce qui devrait ralentir le rythme de détérioration du marché du travail", estimait Marie-Pierre Ripert de Natixis, "mais la tendance à la hausse du taux de chômage est loin d'être terminée dans la mesure où nous n'espérons pas voir l'économie américaine revenir à son potentiel dans les années à venir".
Ces deux dernières semaines, le billet vert avait joué à plein de son statut de valeur refuge face aux bourrasques secouant sans discontinuer le système financier.
Son cours est toutefois resté sous ses niveaux de novembre, lorsqu'il avait atteint 1,2330 dollar pour un euro.
Mais de nombreux analystes estiment que le dollar reste, à moyen terme, en position de force par rapport à l'euro.
"Le rôle du dollar comme monnaie refuge, de même que son statut de monnaie de réserve dominante sont des caractéristiques importantes soutenant la valeur du dollar", a ainsi souligné Michael Klawitter, économiste chez Commerzbank, ajoutant que le dollar est aussi la "principale devise de financement en dehors de l'Europe" de même qu'il domine les échanges mondiaux.
De son côté, l'euro devrait pâtir de la détérioration de son rendement et de la crise économique dans la zone.
La BCE a abaissé jeudi son taux directeur à 1,5%, un plus bas historique depuis sa création.
Cette annonce s'est accompagnée de la publication des nouvelles prévisions de croissance bien plus mauvaises que précédemment avec désormais un recul de 2,7% du PIB de la zone euro en 2009.
En outre, la monnaie unique reste affaiblie par la crainte que la crise financière dans les pays d'Europe de l'Est n'affecte les banques européennes, très exposées dans cette région.
La livre baissait face au dollar à 1,4108 dollar, comme face à l'euro à 89,48 pence pour un euro.
Le franc suisse progressait nettement face au dollar à 1,1531 franc suisse pour un dollar, un peu face à la devise européenne, à 1,4611 franc suisse pour un euro.
Le yuan valait 6,8398 yuans pour un dollar en clôture contre 6,8408 la veille.
L'once d'or a fini à 936 dollars vendredi au fixing du soir contre 913 dollars au fixing de jeudi soir.
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