LA TENDANCE
Les semaines continuent de se ressembler en bourse, avec un CAC40 qui reste dos au mur, proche de ses planchers de l’année 2003 malgré des tentatives de résistance sporadiques, pour le moment sans réussite. En Asie, la Bourse de Tokyo a encore perdu 1,21% ce lundi matin à 7.086 pts en clôture, de retour au plus bas depuis 26 ans sur le Nikkei, les mêmes causes produisant les mêmes effets dans les secteurs bancaire et de l’automobile qui restent sous haute pression. Le yen a terminé à 98,20/$ entre banques.
VENDREDI A WALL STREET
Wall Street, qui tentait de rebondir en début de journée vendredi, a fléchi finalement en milieu de séance après un rapport de l’emploi sur février marqué par de très fortes destructions de postes et une nouvelle montée du chômage sur les 8%. Néanmoins le Dow Jones s’est repris en fin de séance pour finalement clôturer en hausse de 0,49% à 6.626 pts. De son côté, le Nasdaq redonnait 0,44% à 1.293 pts. L’ampleur des difficultés économiques et les inquiétudes sur une éventuelle faillite de General Motors ou de nouvelles déceptions dans le compartiment bancaire ont empêché le développement d’un rebond solide. Le titre GM s’est écroulé d’ailleurs une nouvelle fois vendredi en cédant 22%. A l’inverse, le titre General Electric a enregistré en fin de séance un rebond de plus de 6%. Sur l’ensemble de la semaine, le DJIA a cédé plus de 6%.
ECO/DEVISES
Selon le Département au Travail US, les États-Unis ont détruit encore 651.000 emplois non-agricoles en février 2009. Le taux de chômage grimpe à 8,1%, contre 7,6% en janvier. Il était attendu à 7,9%. Les destructions d’emplois se chiffrent désormais à 2,6 millions sur les 4 mois passés. En février, les pertes d’emplois ont été "larges et étendues" à travers pratiquement tous les secteurs industriels majeurs. Sur les devises ce matin, l’euro reste à bas niveau à 1,2625/$ entre banques. Le pétrole se reprend sur les 46$ le baril.
VALEURS A SUIVRE
* BNP Paribas : la reprise de Fortis devrait coûter au total un peu plus de 10 Milliards d’euros à BNP Paribas, 10,4 MdsE, sachant que l’opération sera réglée à hauteur de près de 90% en titres. BNP Paribas va ainsi racheter 75% de Fortis Banque pour 8,3 MdsE en titres et 25% de Fortis Assurance Belgique pour 1,375 MdsE en numéraire. Fortis Luxembourg représente de son côté un montant de 800 ME.
Cette opération permettra à BNP Paribas d’afficher 660 MdsE d’actifs sous gestion et sera neutre sur le ratio de fonds propres "Tier 1" de l’établissement, à 8,4%. Elle devrait contribuer à la progression du bénéfice de BNP Paribas dès 2010, hors coûts de restructuration.
BNP Paribas a obtenu que l’Etat belge garantisse 1,5 MdE de pertes, au-delà d’une première tranche de pertes de 3,5 MdsE prise en charge par la banque française, rapporté à un portefeuille de crédits structurés de 21,5 MdsE. L’Etat belge s’est aussi engagé à renflouer Fortis Banque jusqu’à 2 MdsE en cas de nécessité...
* Genfit : annonce le renouvellement de sa collaboration avec Sanofi-aventis pour deux années supplémentaires.
Le premier accord de collaboration, signé en 1999, concernait la découverte de cibles thérapeutiques originales contre le diabète de type 2 et les maladies inflammatoires. La molécule AVE0897, fruit de ce partenariat, est un agoniste de type PPAR (Peroxisome Proliferator Agonist Receptor), actuellement en fin de Phase I, dans le traitement du diabète.
"L’accord industriel annoncé ce jour englobe un troisième programme visant à la découverte de nouveaux traitements des maladies neurodégénératives. Selon les modalités de cet accord, Sanofi-aventis détiendra les droits exclusifs de commercialisation des produits issus de cette co-recherche. En contrepartie, Genfit continuera à percevoir des financements de recherche ainsi que des paiements à échéances et des royalties", explique le groupe. Les détails financiers de l’accord n’ont pas été divulgués.
* CS : le groupe a souffert au second semestre, après avoir déjà enregistré des pertes au premier. Au final, l’exercice 2008 se solde par une chiffre d’affaires de 221,7 Millions d’Euros, en baisse de 1,3% par rapport à 2007 sur une base comparable, pour une marge opérationnelle négative de -4,5 ME et une perte opérationnelle de -5,9 ME, contre +13,1 ME un an avant.
La perte avant impôts des activités poursuivies ressort à -7,8 ME contre un bénéfice de 9,8 ME un an avant. La perte nette ressort à 7,6 ME contre un bénéfice de 49,9 ME un an avant, gonflé par les exceptionnels.
Sur l’exercice, le groupe enregistre 212 ME de commandes, portant le ratio de book-to-bill à 0,95 qui permet "le maintien du carnet à 16 mois".
"Les performances du groupe ont été affectées par un effort d’avant-vente très important à l’international (frais commerciaux de 9,7% du CA contre 7,8% en 2007) notamment pour l’élaboration d’un démonstrateur, nécessaire à l’obtention de marchés significatifs. Si le premier contrat pressenti avait été signé à la date de l’arrêté des comptes, la marge opérationnelle 2008 du groupe aurait été positive", explique-t-il. CS avait prévenu en février que ses comptes seraient déficitaires sont la signature de ce contrat.
Le besoin en fonds de roulement est négatif à -3,2 ME, soit -1,4% du chiffre d’affaires. La trésorerie nette est de 46,8 ME fin 2008 (57 ME à fin 2007), dettes financières à plus et moins d’un an (17,1 ME) exclues. Le gearing s’établit donc à -36 % contre -22% au 30 juin 2008 et -42 % au 31 décembre 2007. Au 31 décembre 2008, les fonds propres consolidés s’établissent à 83,5 ME, soit 38% du chiffre d’affaires.
"En 2009, CS dispose d’offres à forte valeur ajoutée au profit du secteur public ou de groupes privés encore peu affectés par la récession économique et d’un carnet de commandes qui lui permet d’avoir un chiffre d’affaires embarqué en 2009 d’au moins 200 ME", explique le management, qui ajoute que "compte tenu de ce positionnement, de sa structure financière, des actions déjà engagées de maîtrise des coûts et de renforcement du pilotage de ses projets, le groupe se fixe pour objectif la stabilité de son chiffre d’affaires et le retour à une rentabilité opérationnelle positive".
* Groupe Eurotunnel : la direction a décidé de procéder à la simplification de sa structure juridique telle qu’envisagée dans le plan de sauvegarde. Dans le prolongement de la mise en oeuvre de la restructuration financière du groupe en 2007, cette simplification juridique aura notamment pour effet de rattacher directement à l’actuelle société faitière du Groupe les sociétés concessionnaires (France Manche SA et The Channel Tunnel Group Limited) qui sont actuellement filiales de TNU SA et TNU PLC, anciennes sociétés faîtières du Groupe détenues directement et indirectement à plus de 99% par GET SA.
Cette opération, qui sera réalisée postérieurement à des reclassements internes de participations, implique principalement une opération de fusion par voie d’absorption de TNU SA par GET SA.
Pour des raisons techniques, la fusion ne concerne que TNU SA à ce stade. Le groupe étudiera ultérieurement toute opération ayant vocation à simplifier la structure de la partie britannique de celui-ci, dans le respect descelui-ci, dans le respect des droits des titulaires d’avantages tarifaires.
Les assemblées générales d’actionnaires de TNU SA et de GET SA, convoquées respectivement le 28 avril et le 6 mai, seront appelées à approuver la fusion qui interviendra postérieurement au reclassement interne de certaines participations du Groupe.
La parité d’échange applicable à la fusion a été calculée sur la base des actifs nets réévalués de TNU SA et de GET SA, déterminés sur la base des travaux d’Associés en Finance, expert indépendant nommé pour les besoins de l’opération. Elle s’établit à 992 actions TNU SA pour 1 action GET SA, correspondant à une valeur de 146,8 Millions d’Euros pour TNU SA et 3,4 Milliards d’Euros pour GET SA.
La fusion conduira à la création de 178.730 actions ordinaires GET SA nouvelles en rémunération de l’apport des 177.299.763 actions TNU SA, représentant 0,68% du capital social de TNU SA, détenues par des actionnaires hors Groupe, GET SA ayant renoncé aux actions nouvelles correspondant à sa participation dans TNU SA.
Les actions ordinaires GET SA créées à l’occasion de la fusion porteront jouissance à compter du 1er janvier 2009 et ne donneront pas droit au dividende versé par GET SA au titre de l’exercice clos le 31 décembre 2008. Cette opération mettra fin au "jumelage" des Unités de TNU, les anciens titulaires d’Unités TNU conservant une action TNU PLC par Unité TNU, et recevant un nombre d’actions ordinaires GET SA calculé en fonction de la parité d’échange
* Hologram Industries : annonce le rachat de la totalité du capital de la société Advestigo, un éditeur français de logiciels spécialisé dans la lutte contre la contrefaçon et l’échange de contenus illicites. L’opération est réalisée pour 4,5 Millions d’Euros, via la trésorerie disponible d’Hologram (elle s’élevait à 10 ME fin 2008). La teneur des comptes d’Advestigo n’a pas été communiquée.
"Cette acquisition pour Hologram Industries s’inscrit dans le cadre de sa stratégie de diversification horizontale, et permet ainsi à la société, outre une présence sur le marché en plein développement de la lutte contre la contrefaçon numérique, d’accéder à une nouvelle technologie innovante qui lui permettra en particulier d’élargir son offre à des solutions d’authentification et de traçabilité sur Internet, à destination des marchés de la protection des marques et des documents d’identité et de se doter d’une nouvelle équipe de 14 personnes dont 9 personnes dédiées à la recherche & au développement", explique l’acquéreur.
Les sociétés Advestigo et Hologram avaient précédemment collaboré avec succès, en partenariat sur le développement du produit Global Checker, solution innovante de vérification en ligne de l’authenticité des documents d’identité.
"Le rapprochement entre les deux entités concrétise une collaboration fructueuse et porteuse d’avenir. Il permettra, grâce à une collaboration renforcée entre des experts d’horizons scientifiques différents, mais orientés sur les mêmes objectifs de lutte contre la fraude, la création de produits encore plus innovants et adaptés au marché. Sur le plan commercial, il permettra de porter l’offre d’Advestigo à l’international grâce au savoir-faire du Groupe et de son réseau international", poursuit Hologram.
* Lloyds : L’une près l’autre, les grandes banques britanniques passent sous la coupe de l’Etat...
Ce week-end, c’était au tour de Lloyds Banking Group (LBG) de conclure un accord permettant à Londres de contrôler jusqu’à 77% de son capital, en échange d’une garantie sur 260 Milliards de Livres (290 MdsE) de créances toxiques.
Le Trésor britannique va ainsi acquérir pour 15,6 Mds£ d’actions préférentielles, dépourvues de droits de vote, ce qui fera passer sa participation de 43% actuellement, à 65% voire à 77%. Le nouveau plan permettra d’améliorer nettement le profil de risque de la banque, en portant son ratio de fonds propres de base ("core Tier 1") de 6,4% à 14,5%.
Lloyds est une banque traditionnellement prudente dans sa gestion, mais elle paie aujourd’hui le prix de la reprise du leader britannique du crédit immobilier, HBOS, une opération encouragée en octobre dernier par le gouvernement afin d’éviter la défaillance de cet établissement...
Or, le bilan de cette dernière est plombé de mauvaises créances, et HBOS a affiché une perte de 10,8 Mds£ en 2008. La semaine dernière, un accord du même type avait permis de soutenir une nouvelle fois Royal Bank of Scotland, qui pourrait voir à terme 70% à 95% de son capital détenu par l’Etat. Celui-ci assurera en échange 325 Mds£ d’actifs détenus par RBS.
Rappelons que depuis le début de la crise financière, Londres a déjà été contraint de nationaliser deux autres banques, Northern Rock et Bradford & Bingley, qui croûlaient également sous les mauvaises créances immobilières. La prochaine sur la liste pourrait être Barclays, qui selon la presse, étudie à son tour la possibilité de recourir au plan de garantie du gouvernement.
* Terreïs : Bénéficiant du plein effet non seulement des acquisitions réalisées courant 2008 et début 2009, mais aussi de l’indexation effectuée au 4ème trimestre 2008, les revenus locatifs de Terreïs devraient croître de plus de 35% en 2009, sur la base des seuls engagements connus à fin février 2009.
En outre, fort des moyens financiers à sa disposition, Terreïs est prêt à saisir les opportunités susceptibles de se présenter à court terme, les conditions de marché actuelles devant permettre de continuer à acquérir des actifs dans de bonnes conditions de rentabilité. Les revenus locatifs de Terreïs pour l’exercice 2008 sont ressortis à 9,1 ME, en progression de 24,8% par rapport à 2007. L’essentiel de la progression est liée aux acquisitions réalisées, l’indexation et les renégociations y contribuant à hauteur de 3,7%.
Principal indicateur de la performance de Terreïs, la capacité d’autofinancement progresse de 10,5% et s’établit à 5,9 ME. Cette évolution positive s’explique par une bonne maîtrise des charges opérationnelles, compensant le poids plus élevé des frais financiers lié à la politique d’investissements.
Au 31 décembre 2008, la valeur expertisée du patrimoine était de 148,9 ME, en hausse de 30,3% par rapport à fin 2007. Les acquisitions de l’exercice se sont élevées à 28,6 ME.
La revalorisation du patrimoine, y compris les nouveaux biens, s’affiche en progression de 4,2%, essentiellement portée par l’augmentation des valeurs locatives. Le rendement du patrimoine ressort à 7,35% contre 7,14% à fin 2007. Le taux d’occupation est de 98% à fin 2008, à comparer à 96,8% à fin 2007. L’actif net réévalué de liquidation s’élève à 11,74 euros par action, en hausse de 6,5% par rapport à 2007. En valeur de remplacement, il s’affiche à 12,69 euros par action, en progression de 8% sur les 12 derniers mois.
Le Conseil d’Administration proposera à l’Assemblée Générale du 13 mai prochain la distribution d’un dividende de 0,43 euros par action au titre de l’exercice 2008. Un acompte de 0,21 euros ayant déjà été versé le 20 novembre dernier, le solde de 0,22 euro sera versé le 20 mai 2009.
A fin décembre 2008, les capitaux propres consolidés étaient de 73,8 ME et la dette financière nette à 60,1 ME. Avec un ratio Loan to Value (ratio dette financière nette / valeur des actifs) de 40%, Terreïs dispose d’une structure financière solide. Pour financer son programme d’investissements, ses marges de manoeuvre ont été renforcées par la signature d’une ligne de crédit de 40 ME à des conditions attractives.
* Maurel et Prom : a remporté la seconde manche de son bras de fer avec la firme de conseil Messier Partners. En 2007, celle-ci avait engagé une procédure judiciaire contre le groupe pétrolier en vue d’obtenir le versement d’une commission de succès suite à la cession des actifs congolais à l’ENI. "Maurel & Prom estimait ne pas être tenue à rémunérer Messier Partners, la cession des actifs congolais à ENI n’entrant pas dans le périmètre du contrat signé entre les parties", indique Maurel et Prom.
Le 18 décembre 2007, le tribunal de Commerce de Paris avait donné partiellement raison à Messiers Partners et condamné Maurel & Prom au paiement de la somme de 5,6 Millions d’Euros, qui ont été provisionnés dans les comptes 2007. Mais la Cour d’Appel de Paris, par arrêt du 5 mars 2009, a infirmé l’ensemble des dispositions du jugement du tribunal de Commerce et condamné Messier Partners aux dépens de première instance et d’appel et à verser, à Maurel & Prom, 50.000 Euros au titre des frais irrépétibles.
Messier Partners est débouté de toutes ses demandes. Il n’est pas encore précisé si la procédure rebondira en cassation.
* AIG : le sauvetage de l’assureur US aurait profité à de nombreuses autres banques... Ces révélation, faites vendredi par le ’Wall Street Journal’, continuent de faire des vagues ce matin, une quinzaine de banques étrangères, dont deux banques françaises, Societe Generale et Calyon, la banque d’investissement et de financement du Credit Agricole étant citées ouvertement.
Selon ’Le Parisien’ daté d’hier, AIG aurait remboursé à la Société Générale et à Calyon "une dette de respectivement 4,8 Milliards de Dollars (3,9 MdsE) et 1,8 Milliard de Dollars (1,44 MdE), au terme de contrats sur des produits dérivés dont les deux banques françaises étaient contreparties".
De son côté, le ’WSJ’ chiffre au total à 50 Mds$, sur les 170 Mds$ d’aides du Trésor américain, les montants qui ont été ainsi reversés à de grandes banques américaines et étrangères... Parmi celles-ci, se trouveraient Goldman Sachs, Merrill Lynch, Morgan Stanley, Wachovia, RBS, Deutsche Bank, HSBC, ABN Amro ou encore Santander.
Aucun des établissements concernés n’a voulu commenter ces informations, qui n’ont toutefois pas été démenties...
Bien que le remboursement de ces sommes par AIG soit tout à fait légal, il pose plusieurs questions : d’une part, beaucoup d’Américains seront choqués d’apprendre que leurs impôts ont servi à renflouer des banques étrangères. D’autre part, les chiffres mettent en lumière l’ampleur des risques pris par les banques et assurés par AIG...
Et l’on comprend mieux pourquoi les autorités monétaires ont jugé qu’AIG était trop gros pour faire faillite ("too big to fail"). L’ex-premier assureur mondial a encore reçu la semaine dernière 30 Mds$ d’aide publique pour couvrir ses pertes colossales de 2008, qui ont frôlé les 100 Mds$, tout simplement les plus grosses pertes de l’histoire des Etats-Unis !
Le pire étant que la facture risque encore de s’alourdir... En effet, à fin 2008, AIG avait toujours dans ses comptes pour 302 Mds$ de CDS (Credit Defaut Swaps, des assurances contre les risques de défaut de paiements sur des créances), dont 235 Mds$ émis pour des banques étrangères.
Ces contrats risquent fort de devoir eux aussi être honorés dans les mois qui viennent, si un coup d’arrêt n’est pas donné à la dégradation du marché du crédit...
|