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BOURSE AMERICAINE, DOW JONES, NASDAQ, S&P

Message n° 60UA4 de Prisca56
mardi 10 mars 2009 à 14h15


Wall Street se risque une fois encore à un sursaut en pré-séance ce mardi, après la purge des derniers jours. Les tentatives de rebond technique ont été nombreuses depuis quelques semaines sur la cote américaine, mais ont pour l’heure échoué. Ce mardi, les commentaires réconfortants du management de Citigroup sur l’activité de début d’année tendent à soutenir le secteur bancaire. Par ailleurs, l’activité de fusions et acquisitions revient avec la finalisation prochaine de l’OPA de Dow Chemical sur Rohm & Haas, mais aussi un accord espéré proche de Genentech avec le Suisse Roche.

Le Président de la Fed Ben Bernanke a une fois encore souligné ce jour que le gouvernement américain ne laisserait pas échouer les plus grandes banques nationales. Ainsi, les institutions financières majeures seront toujours soutenues, assure Bernanke, selon lequel l’économie est déjà dans un état trop fragile, comme les marchés financiers. Bernanke, dans un discours à Washington, a aussi expliqué encore que toute recovery économique était conditionnée à la stabilisation préalable des marchés financiers et de crédit. Le dirigeant de la Fed prône une nouvelle approche du système de régulation des marchés...

Warren Buffett avait pour mémoire marqué les esprits hier lundi, et accentué la baisse des indices. S’exprimant sur CNBC, W. Buffett jugeait tout simplement que l’économie des États-Unis avait "chuté d’une falaise". Ainsi, les développements économiques récents ont été "très proches du pire scénario" envisagé par le légendaire investisseur, même si les conditions seraient encore plus mauvaises si la Fed n’était pas intervenue depuis fin septembre. Buffett précise encore qu’un redressement ne se produira pas rapidement, comme espéré encore par certains...

D’ici cinq ans, le gourou financier juge tout de même que l’économie ira enfin bien. En effet, Buffett pense que la force du système Américain permettra de surmonter à terme les difficultés actuelles, comme cela a pu être le cas de nombreuses fois par le passé. Warren Buffett en appelle aussi aux responsables politiques, démocrates comme républicains, qui devraient travailler ensemble et ne pas essayer de tirer avantage de la situation économique pour atteindre des objectifs personnels. Buffett, au sujet de l’inflation, précise qu’elle pourrait être pire que durant les années 70.

L’investisseur de légende se veut rassurant au sujet de la santé des banques américaines. La plupart serait ainsi en "assez bonne forme", avec la capacité de faire face compte tenu du faible coût des fonds. Cependant, les établissements auraient besoin "de retourner aux activités bancaires", autrement dit de ne plus se risquer inconsidérément sur des produits trop complexes. Buffett juge extrêmement important, pour restaurer la confiance, que le gouvernement rende clair que les dépôts ne seront pas perdus en cas de défaillance des banques.

VALEURS DU JOUR

Dow Chemical. Dow Chemical et Rohm & Haas, deux des leaders américains de la chimie, ont annoncé hier dans la soirée un accord de finalisation de l’acquisition précédemment annoncée de Rohm & Haas par Dow. L’opération serait donc cette fois bien finalisée le 1er avril 2009. L’accord annoncé hier soir résout les litiges entre Rohm et Dow, et les actions menées depuis le 26 janvier par Rohm.

L’accord implique un nouvel investissement equity au sein de Dow de 2,5 Mds$, et une option pour Dow sur 500 M$ d’investissements supplémentaires, à la finalisation de la fusion. Les investissements seraient opérés par les deux plus importants actionnaires de Rohm & Haas, dont Haas Family Trusts. Les autres actionnaires recevront la considération cash initiale à la finalisation.

La restructuration des termes de la transaction de 15 Mds$ permet à Dow de maintenir sa flexibilité financière, explique le PDG de Dow Andrew N. Liveris. De son côté, le dirigeant de Rohm Raj L. Gupta pense que l’accord sur les nouveaux termes de transaction livre une "excellente valeur" aux actionnaires de son Groupe...

Citigroup flambe de 17% à 1,23$ en pré-séance ce mardi à Wall Street. Il avait abandonné 85% de sa valeur depuis le 1er janvier, sur fond de craintes de nationalisation totale de l’établissement new-yorkais, ex-première banque des États-Unis. Alors que le dossier pèse 5,4 Mds$ en bourse, le PDG Vikram Pandit n’a pas manqué d’exprimer... une certaine déception à ce propos, jugeant que le cours de Citi ne reflète pas la solidité des capitaux de l’établissement ou encore son potentiel en matière de résultats. Dans un mémo interne obtenu par l’agence Bloomberg, Pandit juge d’ailleurs que Citi a obtenu son meilleur début de trimestre en plus d’un an, plus précisément depuis le 3ème trimestre 2007.

Ainsi, Citi aurait été rentable en janvier et février, et aurait affiché 19 Mds$ en revenus avant dépréciations, à en croire ces commentaires du dirigeant. Pandit se dit donc déçu de la valorisation boursière de son Groupe et de la "mauvaise perception" des marchés concernant la compagnie ou sa position financière. Le PDG note aussi que les plans du gouvernement concernant la conversion de ses titres préférentiels en actions ordinaires renforceront les capitaux et permettront aux autorités américaines de devenir le principal actionnaire, à 36% des parts.

Pandit évalue à 8,3 Mds$ le profit opérationnel dégagé par sa banque, avant imposition et exceptionnels, jusqu’en février 2009. Il s’agirait donc du meilleur niveau de rentabilité depuis le bénéfice net positif du trimestre de juillet à septembre 2007. Pandit évoque par contre peu les dépréciations, pertes de crédit ou additions aux réserves qui pourraient effacer le bénéfice opérationnel du début d’année 2009. Citi avait encaissé 8,3 Mds$ de perte nette sur l’ensemble du 4ème trimestre 2008.

Boeing. Scott Carson, le PDG de Boeing pour l’aérien commercial, a expliqué que les clients du segment avaient accès à assez de crédit pour prendre livraison des appareils programmés cette année, mais également en 2010. Boeing, tout en admettant que les marchés de crédit demeurent globalement instables, semble donc confiant pour ce qui concerne ses propres clients, alors que les marchés craignent quant à eux des difficultés de financement de transporteurs aériens dans un contexte économique et de crédit tendu.

Ford Motor. Le syndicat industriel United Auto Workers a annoncé hier soir avoir approuvé des changements dans le cadre du paiement par Ford Motor des fonds de santé VEBAs. Des modifications sur les contrats de travail remontant à 2007 ont aussi été validées selon l’UAW. Ford aurait donc désormais la capacité d’utiliser des titres pour financer jusqu’à 50% de ses paiements aux VEBAs. Les travailleurs syndiqués de Ford ont validé les changements de contrats comprenant gels de salaires et de bonus, et limitation des bénéfices de pensions. Ford conserve donc un train d’avance sur ses rivaux domestiques General Motors et Chrysler, qui pourraient prendre exemple sur le deal négocié par la firme de Dearborn, Michigan.

Texas Instruments. Le Groupe de Dallas, Texas Instruments a annoncé resserrer sa fourchette de prévision de bpa relative à son premier trimestre fiscal 2009. Le bpa est désormais attendu entre -0,08$ et 0$ contre une fourchette allant de -0,11$ à +0,3$ précédemment. Cette nouvelle prévision prend en compte une charge de restructuration de 80 M$ (soit 0,04$ par action), contre 50 M$ (soit 0,03$ par action) précédemment anticipé. En ce qui concerne les revenus, le Groupe anticipe désormais une fourchette allant de 1,79 à 2,05 Mds$ contre 1,62 à 2,12 Mds$ précédemment sur le 1er trimestre.

Genentech. Le Suisse Roche a expliqué une fois de plus ce mardi que sa dernière offre à 93$ par titre Genentech était "juste", répondant aux spéculations de la veille concernant un potentiel accord sur un prix supérieur. L’offre fournit l’opportunité, pour les actionnaires de Genentech, "de recevoir un juste prix en cash pour leurs actions à court terme, dans l’environnement de marché actuellement difficile", a précisé le Président de Roche Franz Humer. D’après le Wall Street Journal hier lundi, le Conseil d’administration de la Société biotechnologique américaine Genentech serait proche de la signature d’une contre-offre pour la cession du reste de la compagnie au Suisse Roche Holdings Ltd, et ce pour un prix de 95$ par action. Le site Internet du WSJ citait à ce sujet des sources proches de la question.

Roche, qui détient 56% de Genentech, a relevé son offre sur le reste des parts à 93$ par titre contre 89,5$ précédemment. S’il est accepté, le prix proposé par Genentech dans le cadre de sa supposée contre-proposition à 95$ représenterait 46,7 Mds$ de valeur totale equity. Par ailleurs, Roche a estimé ce jour que le début d’année 2009 avait été bon, avec une croissance supérieure aux attentes sur le plan du bénéfice opérationnel. Le Groupe affiche donc sa confiance pour le reste de l’année. Le management admet tout de même, après deux bons mois en 2009, que l’environnement demeure difficile.

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