La hausse des
indices boursiers semble devenue aussi inexorable que la baisse 10
jours auparavant, les vendeurs sont pris à la gorge comme le démontrent
les rachats au moment du 'fixing', lesquels propulsent le CAC40 au plus
haut du jour, à 2.791Pts (soit près de 3,2% de hausse).
Nombreux
sont ceux qui restent sensibles à la dégradation de la conjoncture (que
les toutes dernières statistiques viennent de confirmer) et qui ne
croient pas à un rebond durable, pas plus aujourd'hui qu'à la
mi-octobre ou fin novembre, car rien ne s'est arrangé depuis, ni dans
le secteur immobilier, dans les 'services', ni dans le secteur
manufacturier (comme le prouvent les chiffres du jour).
L'indice
'Empire State', qui mesure l'évolution de l'activité manufacturière
dans la région de New York, est ainsi tombé à un nouveau plus bas
historique de -38,2 au mois de mars, contre -34,7 en février.
De
même, la production industrielle américaine a reculé de 1,4% au mois de
février et le chiffre de janvier a été révisé en baisse à -1,9%, contre
une première estimation de -1,8%. Le mois de février constitue le
quatrième mois consécutif de baisse. La production industrielle a
reculé au cours de dix mois sur les des douze derniers.
Les
investisseurs semblent penser que l'essentiel est ailleurs, dans la
levée partielle du risque systémique puisque le G-20 a réaffirmé sa
volonté de stabiliser le système financier, y compris en aidant les ex
pays de l'Est dont les emprunts, contractés à 90% auprès des banques
ouest européennes pouvaient devenir les 'subprime' de l'Euroland.
Les
valeurs financières continuent d'impulser la tendance sur l'ensemble
des places europénnes, cette fois encore c'est à la hausse, et cela
constitue le symétrique du mouvement de baisse du 26 févier au 6 mars.
Le
CAC40 retrouve en effet le seuil des 2.770Pts... et même un peu mieux
puisque la hausse atteint +2,8% et l'indice phare se hisse vers
2.780Pts.
Paris vient donc d'aligner une cinquième séance de
hausse consécutive, ce qui ne s'était plus produit depuis l'épisode
haussier du 25 octobre au 4 novembre dernier.
Chez nos voisins, la
5ème journée positive sera également d'actualité sur le DAX qui gagne
2,3%, le FTSE qui s'adjuge aussi 2,95%. L'Euro-Stoxx50 a grimpé de
+3,25% et refranchi le seuil psychologique des 2.000Pts.
À New
York, l'optimisme est de plus en plus perceptible et le Dow Jones
engrange +2,3% à la mi-séance (à 7.280Pts), le 'S&P-500' gagne
+2,25% alors que le Nasdaq grappille désormais +0,45%.
L'embellie
des marchés est nourrie par les échos de la réunion préparatoire du
'G-20' à Londres ce week-end (en prévision du sommet du 2 avril
prochain).
Ainsi, les ministres des Finances et les banquiers centraux
se sont concentrés sur la question de la 'défaisance' des actifs
toxiques des banques, problème central de la crise financière.
Le
reflux de l'aversion au risque est aussi portée par l'entretien accordé
par Ben Bernanke au magazine '60 minutes' de CBS, au cours duquel le
président de la Réserve Fédérale a estimé que l'économie américaine
devrait montrer des signes de reprise en 2010 et que le rythme de la
baisse de l'emploi devrait ralentir.
Le regain d'optimisme des investisseurs éclipse des indicateurs économiques qui n'augurent pourtant pas d'une reprise.
Le
haut du classement sur le CAC40 est largement dominé par les valeurs
financières Dexia (+12,3%), Société Générale (+10,6%), BNP Paribas
(+9,3%), Crédit Agricole (+8,2%) et Axa (+6%)... et Natixis gagnait
+10,4% sur le SBF-120. 'Nous restons positifs sur les banques
françaises', soulignent les analystes de Citigroup, avouant leur
préférence pour BNP Paribas. Les spécialistes expliquent s'attendre à
ce que les banques de l'Hexagone améliorent leurs ratios de solvabilité
cette année grâce à un maintien de leur profitabilité.
Parmi les
plus fortes hausses sectorielles du jour, il y avait également les
'utilities' avec GDF-Suez (+7,5%) et EDF Energies Nouvelles.
Le titre Suez Environnement a pris pour sa part +3,9%, Véolia +4,3% et EDF +4,6%.
Arcelor-Mittal
(-3,8%) évoluait nettement à contre-courant, toujours victime des
rumeurs évoquant une éventuelle augmentation de capital puis d'une
dégradation d'analyste.
France Telecom (-0,5%) figurait aussi
parmi les quelques baisses du CAC. La valeur défensive est pénalisée
par une recommandation de Credit Suisse qui a abaissé son objectif de
cours de 21 à 19 euros avec une opinion Sous-performance. ' Bien que
France Telecom reste bien positionné, nous ne pensons pas que les
opérateurs télécoms en France demeurent le secteur refuge qu'il a été
traditionnellement. ' juge Credit Suisse.
Hors CAC40, Altran
s'adjugeait plus de 12,1% après avoir dévoilé un résultat opérationnel
courant en progression de 28% au titre de 2008 et fait état d'une forte
baisse de son endettement. Le groupe de services informatiques dit
envisager des mesures de chômage partiel.
Au sein du SBF-120, la
descente aux enfers de Thomson se poursuit (-7,2%) et un nouveau
plancher historique vient d'être inscrit à 0,38E.
Aussi
contre-courant, Neopost s'inscrivait en baisse (-1,7%), dans un
contexte de dégradation par Exane BNPParibas qui a abaissé sa
recommandation sur le titre du fabricant d'équipements
d'affranchissement de courrier de Surperformance à Neutre, avec un
objectif de cours de 62 euros (le titre en vaut autour de 55E.
BioMérieux
(stable) a réalisé un résultat net de l'exercice s'inscrit à 130
millions d'euros (11,7% du chiffre d'affaires), en hausse de 32,6% par
rapport à 2007. Le groupe se donne pour objectif de réaliser une marge
opérationnelle courante proche de 16% en 2009, à taux de change 2008,
avant prise en compte des surcoûts liés à la fermeture de Boxtel.
Poweo
(-0,3%) a accusé une petite perte nette 'part du groupe' de -20,5
millions d'euros en 2008 contre une perte nette de -15,3 millions en
2007. L'opérateur indépendant d'électricité et de gaz a généré en 2008
un EBITDA négatif de -3,6 millions d'euros à comparer à une perte de
-16,6 millions l'année précédente.
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