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Le mouvement de contestation universitaire continue de perturber une quinzaine de sites en France, menaçant l'organisation des examens de fin d'année pour plusieurs dizaines de milliers d'étudiants
Après l'UMP, qui a réclamé des poursuites judiciaires contre les enseignants chercheurs "jusqu'au-boutistes" lundi, le gouvernement a annoncé des retenues sur salaire à l'encontre des personnels entravant "volontairement" le service public.
Après plus de trois mois de contestation, "les étudiants veulent très majoritairement reprendre les cours et nul n'a le droit de prendre en otage leur avenir", a déclaré la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, Valérie Pécresse.
Elle a cité à l'Assemblée nationale des perturbations persistant dans une quinzaine d'universités - sur les 85 que compte la France - contre une vingtaine le week-end dernier.
Le gouvernement n'entend pas "brader" les diplômes 2009, a répété Valérie Pécresse devant les députés. Ils ne seront pas délivrés sans cours de rattrapage, qu'une trentaine d'universités ont d'ores et déjà commencé, selon le ministère.
Pour la majorité, l'image de l'université française est en jeu et se trouve otage d'une minorité "anti-démocratique".
Cependant, selon le président de la Conférence des présidents d'universités (CPU), Lionel Collet, les examens pourront être organisés "quasiment partout" en France même s'il reste à régler les questions de calendrier.
Dans un grand nombre d'universités, des cours ont été donnés depuis février et des examens peuvent donc être organisés, a-t-il expliqué sur France Inter. Sur les autres sites, "il faut que les enseignants se reprennent très vite".
Réunie la semaine dernière à Paris, la Coordination nationale des universités, où siégeaient des représentants de 73 facultés, a appelé les enseignants et les personnels non-enseignants à ne pas organiser les examens "jusqu'à satisfaction de nos revendications".
Une décision "irresponsable" selon Valérie Pécresse.
"COLÈRE INTACTE"
A la demande des recteurs, a-t-elle expliqué, tout agent public choisissant de faire de la rétention de notes, de bloquer les rattrapages de cours ou refusant d'organiser les examens sera "soumis à une retenue sur salaire pour service non fait".
"Nous le devons (...) aux parents qui se saignent aux quatre veines pour envoyer leurs enfants à l'université et nous le devons aux étudiants qui travaillent pour payer leurs études", a-t-elle estimé lors de la séance de questions d'actualité.
Le gouvernement estime que les craintes des enseignants chercheurs et des étudiants n'ont plus lieu d'être après les gestes qu'il a consentis sur les principaux sujets de discorde.
Le décret contesté sur le statut des enseignants chercheurs a été réécrit, les suppressions de postes à l'université sont annulées pour les deux ans qui viennent et le gouvernement s'est engagé à améliorer la formation des enseignants.
Mercredi matin, sur France Inter, Isabelle This Saint-Jean du collectif Sauvons la Recherche, a pourtant fait état de la "colère absolument intacte" des universitaires.
Les avancées obtenues du gouvernement sont "très très maigres" et, même essoufflé, le mouvement n'est "pas encore à genoux", a-t-elle assuré, appelant à un vote sanction contre la droite lors des élections européennes du 7 juin.
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