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On avait fini par les confondre avec les comités des fêtes. A eux la décoration du sapin de Noël et l’organisation du week-end «volcan d’Auvergne» en autocar. Pour les grandes orientations de l’entreprise, les restructurations, tours de table et autres négociations, prière de s’adresser à la direction et aux syndicats réunis. Pas aux comités d’entreprise, plus habitués à la gestion des abonnements à la salle de gym’ qu’aux bilans comptables. Et voilà que plusieurs affaires prouvent le contraire, en rafale et avec panache.
La dernière en date concerne le fabricant de jantes automobiles Ronal. Son usine de Saint Avold en Lorraine ne tourne pas rond depuis une petite année. Chômage technique à répétition et rumeurs de cessation de paiement alimentent le quotidien des 176 employés. Jusqu’à ce que le comité d’entreprise prenne les choses en main et s’offre les services d’un avocat. Le comité enquête, découvre des pièces importantes, constitue un dossier et porte plainte contre son PDG. Grâce aux limiers du CE, la petite usine Mosellane a vécu vendredi dernier la journée la plus surréaliste de son histoire. Réunis en comité d’entreprise extraordinaire avec leur PDG, les délégués ont tout à coup vu débarquer trois policiers dûment mandatés pour embarquer leur dirigeant. Et l’homme de quitter l’usine encadré par les pandores, dans l’automobile de la PJ et sous une haie d’honneur formée par des employés ravis du destin de leur dirigeant. Ce dernier s’est vu signifier peu après une mise en examen pour détournements de fonds.
<g>Un peu plus ancienne, puisqu’elle remonte au mois de janvier, mais toujours dans l’est de la France, le cas de la société Esjot-Goldenberg de Monswiller dans le Bas-Rhin est tout aussi surréaliste. Dans l’entreprise alsacienne (92 salariés) on prône l’inversion des valeurs. Car c’est le comité d’entreprise, avec la complicité du PDG, qui a demandé, et obtenu, de déposer le bilan de l’entreprise, au nez et à la barbe des actionnaires. Une action d’autant plus surprenante que cette structure, aux mains d’un fond de pension texan, a toujours affiché un résultat positif. Mais voilà, les cow-boys à la retraite ponctionnaient systématiquement les dividendes sans réinvestir le moindre centime dans l’entreprise. Alors arriva l’inévitable : la société florissante s’est vue affublée d’énormes retards de paiement. Devant le tribunal de commerce, PDG et élus du comité, ensemble, ont donc obtenu un dépôt de bilan salvateur pour eux, puisqu’il leur permet d’échapper à l’appétit des actionnaires, les comptes étant placés sous surveillance. </g>
D’autres affaires du même ordre ont surgi dans les rubriques sociales de nos journaux ces derniers mois. Preuve que les comités d’entreprise ne sont pas toujours confinés aux rôles de gentils organisateurs des loisirs des salariés. Preuve aussi qu’ils ne servent pas toujours de vache à lait à de grandes centrales syndicales comme l’a démontré une récente enquête. Preuve encore que le dialogue social n’est pas unilatéralement squatté par lesdites centrales, qu’elles soient patronales ou salariales.
L.M.
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